Cocottes & Vous

Cocottes & vous

Quadramatique

Par Caroline K.

Alors que certaines passent à travers comme si de rien n’était, les 40 bougies ont l’effet d’une bombe intérieure pour d’autres… De la crise d’adolescence à retardement à la remise en question profonde, une petite mise en quarantaine du phénomène s’impose : les causes, les manifestations mais aussi quelques pistes pour franchir le cap plus en douceur…

Même si cela ne date plus d’hier, on se souvient parfaitement de ces faits marquants de notre jeunesse : le jour de l’obtention du bac ou du permis, le réveillon de l’an 2000, le passage à l’euro ou encore le 11 septembre. Et oui, on approche aujourd’hui des 40 ans et pourtant on se sent -encore- jeune ! Mais au quotidien, il faut bien l’avouer, l’affaire n’est pas si simple… Que ce soit au niveau professionnel, familial ou personnel, à 40 ans on est dans « la force de l’âge », ce qui se traduit souvent par la sensation de crouler sous le poids des responsabilités de tout genre sur fond de bilan de « mi-parcours ». Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que les compteurs virent parfois au rouge… L’entrée dans la vie professionnelle, c’était il y a une bonne quinzaine d’années. On se voit encore à 25 ans : on abattait des montagnes et faisait preuve d’une énergie et d’une détermination débordantes. Cela fait maintenant 15 ans que l’on côtoie le même environnement, que l’on flirte avec les mêmes missions qui peuvent avec le temps nous paraitre sans surprises. Et tout cela n’est pas terminé, car il nous faudra encore assumer au moins une bonne vingtaine d’années de bons et loyaux services avant de pouvoir tirer sa révérence. Oui mais voilà : force est de constater qu’une certaine lassitude commence à s’installer et notre engouement peut commencer gentiment à s’effriter. Depuis, nous agissons avec plus de sagesse, de recul et nos priorités ont pu évoluer… Une petite voix intérieure peut alors nous titiller sur nos motivations profondes, nos envies de nous investir dans des projets nouveaux, qui collent mieux à nos convictions personnelles ou notre mode de vie. Ne serait-ce pas, le cas échéant, le moment de réfléchir à un virage professionnel, une quelconque reconversion ?

À la maison, les courses, les repas, le ménage, le linge, et tous ces délicieux ingrédients qui constitue cette fameuse charge mentale nous étouffent. Les « To Do list », à la fois nos meilleures alliées et nos pires ennemies, nous accompagnent quotidiennement pour mieux constater que ces tâches ne sont qu’un éternel recommencement : chaque case de la liste cochée s’accompagne immanquablement de nouveaux tirets pour que jamais elle ne s’achève… Alors ce cliché parfait « mari/maison/enfants/labrador/monospace » bien entendu qu’on l’a voulu, mais reconnaissons-le, cette maman des spots publicitaires que l’on voit si détendue avec sa citronnade et son Kinder Pingouin nous agace terriblement ! Accablée, on se raccroche à l’idée que les enfants grandissent et que notre organisation de ministre finira par s’alléger. Encore faut-il penser à l’avenir de ces rejetons, et leur donner les cartes pour qu’ils se construisent correctement dans une vie qui leur convienne. En attendant, ces interrogations semblent nous préoccuper plus que les intéressés eux-mêmes, trop absorbés par ce greffon d’un nouveau genre : le smartphone connecté H24 sur les réseaux… Et comme si tout cela ne suffisait pas, un autre sujet vient doucement prendre place parmi nos sources de doutes et de réflexion : la gestion de nos propres parents. Pour l’instant ils sont encore autonomes. Mais petit à petit, on prend conscience que cela ne durera pas éternellement et qu’il faudra être présente dans un futur plus ou moins proche pour leur assurer des vieux jours décents et sereins. Parents de nos enfants, nous devenons petit à petit aussi parents de nos propres parents, sacré programme !

Malgré tout cela, il nous arrive encore parfois de nous accorder des parenthèses plus légères. Pour nous, une petite soirée arrosée entre amis représente une véritable bouffée d’oxygène dans un quotidien bien trop rempli. Et c’est cette fois-ci c’est notre corps qui se chargera de nous rappeler le lendemain qu’on a plus 20 ans et qu’aller bosser après une nuit de sommeil de 3 ou 4 heures peut se transformer en véritable lutte contre soi-même. Avec tout ce lot de réjouissances, épargnons-nous l’épisode des premiers cheveux blancs et des sessions shopping lors desquelles les adorables vendeuses qui pourraient -presque- être nos filles nous abordent d’un « Bonjour Madame » de convenance certes mais qui nous irrite quelque peu les tympans et qui nous conseillent la version « rides installées » plutôt que celle « premières rides » de notre cosmétique préférée… Alors, avant de tout envoyer balader impulsivement et de ne rêver qu’à une seule chose, que l’on nous oublie, relâchons la soupape de la cocotte pour nous pencher plutôt sur le positif.

Au lieu d’envisager ce début de relâchement cutané comme une fatalité, si on le voyait plutôt comme une évolution logique et saine des choses ? Si juste un instant, lors d’un repas de famille multigénérationnel ou d’une séance de judo du fiston à l’attendre sur le bord du tatami, on faisait un « stop sur image » pour prendre le temps de jeter un œil dans le rétroviseur ? Faire le point sur tout ce que l’on a réalisé par soi-même, les projets menés à bien, les efforts qu’il a fallu fournir pour y parvenir et les souhaits ou objectifs que l’on a atteints car on s’en est donné les moyens. Il est temps de bomber la poitrine et de se féliciter du chemin parcouru. En plus de se sentir fière de soi, cela nous apportera un regain d’énergie pour continuer sur notre lancée, tout en nous permettant d’apprécier vraiment les plaisirs simples de la vie, les moments de complicité privilégiés avec ceux qu’on aime.

« Prendre du temps pour soi », il est LÀ le nerf de la guerre. Dans nos plannings effrénés où chaque minute est optimisée, ne pas s’oublier serait une clé car que ce soit la pratique d’un sport, d’un art ou quoi que ce soit d’autre qui nous fait plaisir, les effets ressentis sont tellement bénéfiques que cela devrait s’imposer par soi-même au même titre que la virée au supermarché. La méditation peut par exemple être un excellent moyen de prendre du recul et de lâcher prise quand le stress déborde. Pourquoi ne pas aussi envisager de nouveaux projets de couples ? Voyages, sorties, association ou immobilier… Cela ne peut qu’apporter un nouveau souffle et alimenter les conversations lors des repas en tête à tête, une fois que les oisillons auront quitté le nid. Car, bien que Tanguy soit un très joli prénom, les enfants qui emplissent tant nos journées finiront par prendre leur indépendance (pour nous laisser parfois un temps des lessives hebdomadaires) et ces nouvelles sources d’épanouissement pourront combler le vide à venir.

Un autre élément incontournable des remèdes anti-déprime, ce sont bien sûr les virées ou sorties entre copines. Car les copines, c’est la vie ! Quand notre BFF nous raconte ce qu’elle ressent dans une situation donnée, c’est plus qu’une discussion, c’est un partage car sa vie est la même que la nôtre et qu’avec elle, on peut vraiment vider son sac ! Et enfin, s’écouter et oser… En effet, ne vaut mieux-t-il prendre sa vie à bras le corps à 40 ans quitte à se prendre parfois les pieds dans le tapis que de passer une poignée de dizaines d’années à les observer passivement défiler ?

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