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« Maman, tu joues avec moi ? », la chronique de Haut les Nains

Ah, la fameuse question. Récurrente. Obnubilante. Elle revient au moins autant que je la redoute. Attends, maman doit appeler une copine, attends, maman doit aller aux toilettes, attends, maman doit vider le lave-vaisselle. Attends, attends, attends, parce que maman cherche une bonne excuse (le lave-vaisselle, c'est dire !) pour se défiler. Car voilà, c'est un fait : maman n'aime pas jouer.

Par @haut_les_nains

Chronique Haut les Nains - Cocottes Magazine
Chronique Haut les Nains - Cocottes Magazine

Bercer la poupée l’ennuie profondément (l’endormissement des autres, ces dernières années, elle a donné), faire bouger les Playmobil en leur prêtant des voix l’angoisse (elle ne trouve rien à leur faire dire d’intéressant) et se faire servir un repas en pâte à modeler ne l’amuse pas (cela lui rappelle juste que celui du soir ne va pas se faire tout seul).

Mais maman se rappelle vaguement de ses quelques cours de psychologie lors de ses études pour devenir enseignante, de Winnicott et du jeu qui serait au cœur de la constitution de la personnalité. Maman a aussi eu l’occasion d’expérimenter elle-même en classe les vertus du jeu. Elle a vu ses élèves retenir, s’intéresser et apprendre sans même s’en rendre compte, dès lors que l’on présentait le travail de manière ludique.

Donc, maman culpabilisait de ne pas jouer.

J’écris « culpabilisait » et emploie délibérément le passé car il m’est apparu une chose, tandis que j’attachais la ceinture de Barbie qui allait faire un tour en camping-car (que j’espérais très très loin et très très long) : on ne joue bien à deux que lorsque l’on est deux à s’amuser.

Et pour cause. Quand je me force, ça se voit. Que veux-tu, je ne sais pas simuler l’enthousiasme. Et quand je ne m’amuse pas, mon enfant, par extension, qui voit clair dans mon petit jeu (toujours lui), non plus. Partant de ce constat, j’ai dû lui faire accepter que ses jeux ne seraient pas les nôtres (malgré tout mon respect pour Céline Dion), et ce, même si tel était son désir.

Bien sûr, je lui ai proposé des alternatives.

  • Par exemple, sa petite sœur. Disposée à se déguiser en princesse et toute contente de se faire délivrer. Encline à se positionner derrière la poubelle pour une partie de cache-cache.
  • Son copain de classe. Ravi de venir passer l’après-midi pour parler Pokémon, au moins autant que l’est sa mère quand elle le dépose pour quelques heures.
  • Des activités solitaires. Le rubik’s cube. Les casse-tête. La lecture. Et j’en passe.

Parfois, ça marche. Parfois, moins, et je le vois traîner la patte, dans mes pattes. Je lui vante alors les vertus de l'ennui, l'art de ne rien faire, lui avoue que j'en rêve, moi, de ne rien faire.

Je suis tellement convaincante que j’arrête ma tâche en cours (tant pis pour le lave-vaisselle). Et que je m’entends proposer : On ferait bien un petit jeu de société ? Eh oui, il faut croire qu’il reste en maman une part d’enfant plus grande qu’elle ne le pense. Quant à le laisser gagner, même pas en rêve. Car je peux t’assurer que lorsque c’est moi qui le choisis, je me prends au jeu.

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Emilie
Emilie

Mon fils est fan de chez fan et joue matin, midi, soir et je suis sûr la nuit dans ses rêves aux tracteurs. Sauf que toute bonne maman que je suis né supporte plus de se traîner les genoux sur le sol à bouger un tracteur qui me sort par les yeux. Alors ja décide que non je ne jouerait pas aux tracteurs mais on fait un tour de vélo ou on joue à un jeu de société ou on joue aux chevaliers et on fait des batailles là OK. J’ai trouvé mon alternative et ça semble lui convenir. Par… Lire la suite »

Audrey
Audrey

Et bien..je crois que je n’aime Vraiment pas jouer 🙁 Rien ne m’amuse, en plus il faut que je me fasse “diriger” par cette petite qui fait la ‘”maitresse ou la maman”, faire semblant d’être un monstre ou la pousser encore et encore et encore sur la balançoire,…
J’ai bien tenté la minuterie “je joue 15 min et après je fais autre chose”. elle est ok. Au début. Et puis fait exprès je suis coupée dans cet élan par le téléphone, une arrivée impromptue… du coup je perds de la crédibilité..
et c’est le serpent qui se mord la queue…