Cocottes & vous

Est-on vraiment obligé de lâcher prise !?

Par @haut_les_nains

Ce n’est pas le tout d’être bienveillante et de pratiquer l’éducation positive, désormais pour être une mère à la mode, il nous faudrait en plus “lâcher prise”. Car le lâcher prise, il semblerait que ce soit LE Graal pour faire de nous cette mère cool et tendance. Peut-être que comme moi, ça te fait un peu doucement rigoler, ces termes pompeux. Comme si nous autres, parents qui ne se revendiquaient pas appartenir au mouvement, étions malveillants et partisans de l’éducation négative.

Mais le lâcher prise, pour une fois, ça ne sonnait pas trop mal. Ça avait même l’air facile. Et ça tombait plutôt bien, parce que récemment, il y avait pas mal de trucs que j’avais envie de lâcher. Alors, plutôt que d’envoyer bouler mon travail, mon mec et mes enfants, je me suis dit que lâcher prise, c’était moins extrémiste comme décision, et que ça valait le coup de tenter.

Seulement, si sur le papier, ça semblait rudement chouette, il s’est avéré que dans les faits, c’était un peu plus compliqué. Car le concept du lâcher prise, pour moi qui ai un besoin de contrôle assez prononcé, fit de moi à peu près tout sauf une personne détendue. Ce qui n’était pas tellement le but de l’exercice, nous en conviendrons.

Parce que, vois-tu, j'aime quand c'est organisé. Bien organisé. Organisé par moi.

  • J’aime le planning sur le frigo.
  • La liste de menus pour la semaine.
  • La destination des prochaines vacances bien définie. Les billets d’avion, le logement, la voiture de location réservés.
  • Les lessives à jour.
  • Le petit agenda où je raye les jours passés.

Profitez du moment présent, qu'ils disaient.

Mais moi, je n’arrive à profiter du moment présent que quand je connais celui d’après. Autant te dire qu’une pandémie dont la date de fin ne m’a pas été communiquée ne fait pas de moi quelqu’un de particulièrement serein.

Alors, franchement, j'ai essayé.

De remplacer la pizza maison par une surgelée, de céder sur le jogging les jours où il n’y avait pas sport, de laisser l’accès aux écrans illimité, la maison sens dessus-dessous et mes jambes en jachère. Ça ne m’a pas franchement réussi. Je n’étais pas mieux, et par extension, mes enfants ne l’étaient pas non plus.

Certains (et plus exactement l’individu de sexe masculin partageant ma vie) diront que je suis dans l’hypercontrôle. Peut-être. Sûrement.

Mais si pour vivre pleinement chaque moment, j’éprouvais la nécessité de le contrôler ? Si, pour être bien à l’instant T, j’avais besoin de le maîtriser ?

Alors, certes, ça ne fait pas de moi une mère vraiment cool et à la mode. Mais ça fait de moi une mère en accord avec elle-même. Et n’est-ce pas là, l’essentiel?

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