Être parent est une aventure difficile, remplie d’innombrables hauts et bas. On peut avoir l’impression d’être sur des montagnes russes émotionnelles pleines de rebondissements.
Au fil du temps, les parents ont tendance à reprendre des phrases transmises de génération en génération ou d’un parent à l’autre. Ces paroles de sagesse bien intentionnées peuvent parfois heurter les enfants.
Les parents peuvent lancer ces phrases parce qu’ils pensent qu’elles sont utiles, protectrices ou encourageantes.
Mais les enfants peuvent voir les choses différemment.
Certaines des choses les plus ennuyeuses que disent les parents entrent dans les catégories suivantes.
Arrêter la conversation
- « Parce que je l’ai dit ».
- « Tu comprendras quand tu seras plus grand. »
- « Tu me remercieras plus tard. »
- « Tu es trop jeune pour comprendre. »
- « Quand tu seras parent, tu comprendras. »
Les parents utilisent souvent ces phrases pour affirmer leur autorité ou mettre rapidement fin à une discussion ou à une dispute avec leurs enfants. Mais ce qui peut nous sembler une solution efficace peut transmettre un message différent à nos enfants. Elle implique que le point de vue du parent est le seul qui compte.
Il se peut que nous inculquions involontairement à nos enfants qu’ils peuvent ignorer l’opinion des autres et s’appuyer sur leur pouvoir ou leur statut pour atteindre leurs objectifs, car leur point de vue est le seul qui compte.
Menaces
- Arrêtez de pleurer, ou je vous donnerai de quoi pleurer.
- « Attends que ton père/mère rentre à la maison. »
Utiliser des menaces pour persuader quelqu’un n’est jamais une approche efficace, et cela vaut également pour la relation parent-enfant.
Lorsque vous menacez un ami, il peut mettre fin à votre amitié et se retirer de la situation. Cependant, les enfants n’ont pas la même liberté de s’éloigner de leurs parents.
Par conséquent, lorsqu’un parent menace son enfant, il met essentiellement en danger le sentiment de sécurité et de bien-être de l’enfant, qui se sent alors impuissant et vulnérable.
Cette approche peut avoir un impact significatif sur la santé mentale de l’enfant, car elle crée un environnement de peur, d’incertitude et d’instabilité. Les menaces peuvent être particulièrement préjudiciables aux enfants qui ont un tempérament craintif. Ces enfants courent un risque accru de développer des troubles anxieux1.
Comparaison déloyale
- « Quand j’avais ton âge… »
- « A mon époque… »
- « Vous ne savez pas à quel point vous êtes bien lotis. »
- « Tu as la vie si facile par rapport à quand j’étais enfant. »
- « Finis-le. Il y a des enfants affamés en Afrique. »
- « De mon temps, nous n’avions pas… »
Ces phrases comparatives sont souvent destinées à fournir aux enfants d’autres points de vue ou une compréhension plus large du monde.
Cependant, pour les enfants, ces comparaisons peuvent sembler non pertinentes ou déconnectées de leurs propres expériences. Ils peuvent avoir du mal à comprendre comment l’incapacité d’une autre personne à faire quelque chose dans des circonstances uniques les empêche de faire la même chose dans une situation différente.
Au lieu de tirer des leçons significatives de ces comparaisons, les enfants peuvent se sentir confus, incompris ou rejetés.
Comparaison simplifiée à l’extrême
- « Si tous vos amis sautaient d’une falaise, le feriez-vous aussi ? »
- « Si vos amis décidaient de braquer une banque, vous joindriez-vous à eux ? »
D’une part, les parents s’appuient sur des comparaisons et des analogies pour amener leurs enfants à comprendre leur point de vue ou à se conformer à des demandes spécifiques. D’autre part, ils utilisent des analogies trop simples, irréalistes et non comparables pour convaincre leurs enfants d’abandonner une idée ou une activité particulière.
L’utilisation de deux poids, deux mesures peut créer de la confusion et envoyer des messages contradictoires.
Comparaison sociale
- « Pourquoi ne peux-tu pas être plus comme ton ami ? »
- « C’est pourquoi je préfère ta soeur. »
Les parents peuvent penser que les comparaisons sociales inciteront leurs enfants à étudier plus assidûment ou à fournir des efforts supplémentaires, mais cette approche peut avoir l’effet inverse.
La recherche a montré que les enfants constamment exposés à des environnements de comparaison sociale ont tendance à présenter une motivation intrinsèque réduite et des résultats scolaires moindres2.
Voir aussi : 50+ choses que les mères narcissiques disent et pourquoi elles les disent
Supériorité
- « Je ne suis pas ton ami, je suis ton parent. »
- « Je suis le parent, et tu es l’enfant. »
- « Tant que tu vivras sous mon toit, tu suivras mes règles. »
Ces déclarations sont souvent utilisées par les parents pour affirmer leur statut supérieur et leur autorité et souligner que leurs enfants doivent se conformer à leurs règles et à leurs attentes.
Cependant, elles peuvent véhiculer des messages implicites, notamment : « Puisque je suis ton parent, je n’ai pas besoin de te traiter gentiment ou équitablement, et tu dois quand même m’obéir ».
En soulignant le déséquilibre de pouvoir dans cette relation parent-enfant, ils laissent également entendre que le respect mutuel n’est pas nécessaire. Les enfants doivent respecter leurs parents, mais pas l’inverse.
Voir aussi : 50 choses que disent les parents toxiques et pourquoi elles sont néfastes pour les enfants
Méprisant
- « Ce n’est pas grave. C’est une petite chose. »
- « Non, ça ne fait pas mal. »
- « Ce n’est pas grave. »
Certains parents pensent que le fait de minimiser la gravité ou l’importance d’une situation permettra de réconforter leurs enfants et d’atténuer leur détresse ou leur anxiété. D’autres rejettent les sentiments de l’enfant parce que, pour eux, le problème est insignifiant.
En réalité, cela tend à faire le contraire de ce que les parents souhaitent.
Le fait de ne pas tenir compte des sentiments des enfants est associé à une dysrégulation des émotions. Les adolescents dont les parents ignorent régulièrement leurs émotions ont tendance à avoir plus de problèmes de santé mentale, comme la dépression, et de comportements extériorisés, comme l’agression3.
