Les traumatismes de l’enfant peuvent être causés par des événements indésirables, tels que la maltraitance, la négligence, les accidents, les catastrophes naturelles, les blessures physiques ou les maladies graves.
Par rapport aux adultes, les enfants sont plus susceptibles de souffrir d’un traumatisme, avec un risque plus élevé de conséquences durables. L’impact des traumatismes psychologiques est cumulatif ; plus le nombre d’expériences négatives vécues pendant l’enfance est élevé ou plus l’exposition aux traumatismes est longue, plus les effets sur la santé sont négatifs à l’âge adulte.1
Quelles sont les causes des traumatismes chez l’enfant ?
Les traumatismes de l’enfant peuvent être causés par des difficultés ou un stress important au début de la vie. Voici quelques causes courantes de traumatisme développemental.
Les traumatismes manifestes comprennent
- Abus physique
- Abus sexuels
- Abus émotionnel
- Violence verbale
- Négligence physique
- Négligence médicale
- Intimidation
- Orphelinat
- Accident de voiture
- Mort subite d’un parent
- Séparation forcée des parents
- Maladies nécessitant des procédures médicales lourdes et invasives
- Témoin de violence domestique
- Exposition à la violence communautaire
- Famille dysfonctionnelle
- Des parents qui se disputent intensément
- Catastrophe naturelle
Certains traumatismes sont moins évidents mais peuvent néanmoins causer de graves dommages psychologiques chez les enfants.
Les abus cachés chez les enfants comprennent :
- La négligence émotionnelle
- Crier agressivement sur les enfants
- Parentification
- Enchevêtrement
- Aliénation parentale malveillante
Signes
Les signes et symptômes courants d’un traumatisme chez l’enfant sont les suivants :
- Cauchemars
- Flashbacks
- Peur et anxiété
- Hypervigilance
- Opinions ou croyances négatives sur soi-même, les autres ou la vie
- Rêverie dissociative
- Dépression
Effets
Lorsqu’ils sont confrontés à un traumatisme, les enfants activent instinctivement la réaction de lutte, de fuite et d’immobilisation. Il s’agit des cinq types de défense immédiate contre les traumatismes : l’alerte, la fuite, le combat, le gel et l’effondrement.
Ces réactions sont déclenchées involontairement en réponse à un danger perçu, sans qu’il soit nécessaire d’y penser consciemment.
Bien qu’elles permettent de sauver des vies, elles peuvent persister après l’expérience traumatisante et contribuer à des problèmes à long terme, notamment les suivants.2
Développement du cerveau
Les traumatismes subis par les enfants peuvent modifier la structure et la fonctionnalité du cerveau, en particulier au niveau de l’amygdale, de l’hippocampe et du cortex préfrontal. Ces zones du cerveau jouent un rôle crucial dans la régulation des émotions, l’apprentissage et les processus de mémorisation.
L’hyperexcitation
Les enfants qui ont subi un traumatisme sont constamment en état d’alerte, anticipant la prochaine catastrophe potentielle. Leur système nerveux reste constamment en éveil.
Résultats scolaires
Les enfants traumatisés ont souvent des difficultés scolaires, car le traumatisme altère leurs capacités d’apprentissage et de mémorisation. Ils ont également tendance à avoir du mal à rester concentrés et sont préoccupés par l’observation de leur environnement pour y déceler des dangers.
Troubles du sommeil
Les expériences traumatisantes peuvent entraîner des problèmes de sommeil, tels que l’insomnie ou les cauchemars, ce qui diminue encore le niveau de fonctionnement de l’enfant.
Problèmes de comportement
Les enfants confrontés à des traumatismes chroniques ont souvent du mal à réguler leurs émotions, ce qui rend difficile la gestion des situations stressantes. En conséquence, ils peuvent présenter des comportements extériorisés, tels que l’agression.
Ils courent un risque accru de développer des troubles du comportement tels que le trouble oppositionnel avec provocation et le trouble des conduites.3
Attachement non sécurisé
L’attachement désigne le lien affectif puissant entre un parent et son enfant. Un traumatisme de l’attachement se produit lorsque le processus de formation de ce lien est perturbé. L’enfant peut alors développer un attachement insécurisé, qui se manifeste par un style d’attachement ambivalent, évitant ou désorganisé. L’attachement insécurisant est associé à un large éventail de conséquences négatives sur le développement.
Difficultés relationnelles
Les survivants de traumatismes infantiles peuvent ressentir une grande colère et avoir des tendances agressives, ce qui rend difficile la formation et le maintien d’amitiés. Le manque de soutien social limite encore les ressources dont ils disposent pour faire face à leurs problèmes émotionnels. Plus tard, à l’âge adulte, ils peuvent également éprouver des difficultés à nouer des relations saines.
Reconstitution
Les enfants traumatisés revivent leur traumatisme non seulement à travers leurs pensées et leurs rêves, mais aussi à travers leurs actions dans la vie quotidienne. Ils recréent ou revivent souvent inconsciemment certains aspects de leurs expériences traumatisantes. Par exemple, certains enfants répètent la scène traumatique à plusieurs reprises après l’incident.
L’évitement
Il est intéressant de noter que les enfants traumatisés cherchent souvent à éviter les rappels de leur traumatisme. Ils peuvent éviter les situations sociales qui pourraient déclencher des souvenirs associés à leurs expériences traumatisantes.
Comportement autodestructeur
Les enfants dont les capacités de régulation émotionnelle sont limitées peuvent avoir besoin d’autres méthodes pour faire face au stress. Ils peuvent se tourner vers des substances ou de l’alcool ou se livrer à des comportements d’automutilation pour gérer leurs émotions intenses.
Ils sont également plus susceptibles d’adopter des comportements à risque, comme enfreindre la loi, faire de l’auto-stop, défier les autorités, avoir des relations sexuelles non protégées, conduire dangereusement, porter une arme, etc.4
Troubles mentaux
Les traumatismes non résolus chez les enfants peuvent entraîner des maladies mentales, telles que le syndrome de stress post-traumatique, les troubles dépressifs, les troubles bipolaires, les troubles anxieux, les phobies sociales, les troubles liés à la consommation d’alcool, etc. Certains enfants, en particulier ceux qui ont subi des traumatismes complexes, sont vulnérables aux troubles de la personnalité tels que le trouble de la personnalité limite.
Troubles de l’attachement
Le traumatisme de l’attachement est l’un des facteurs de risque de développer un trouble réactionnel de l’attachement ou un trouble traumatique du développement.
Santé physique
Il existe un lien étroit entre les traumatismes subis par les enfants et le système immunitaire.
Un stress prolongé pendant l’enfance, également connu sous le nom de stress toxique, peut altérer le système immunitaire, rendant les enfants plus sensibles aux infections, aux allergies et à d’autres problèmes de santé liés à l’immunité. En grandissant, ces enfants sont également plus susceptibles de souffrir de maladies auto-immunes, de maladies cardiaques et d’autres maladies chroniques.
Comment aider les enfants à surmonter les traumatismes psychologiques
Un soignant principal compatissant et encourageant peut avoir un impact considérable sur la vie d’un enfant et contribuer de manière significative à sa guérison d’un traumatisme psychologique.
Outre la recherche d’un traitement pour les traumatismes, les parents peuvent prodiguer des soins tenant compte des traumatismes de la manière suivante.
Sécurité et confiance
Les relations avec les personnes qui s’occupent des enfants jouent un rôle important dans la protection des enfants contre l’apparition de troubles mentaux liés à un traumatisme.
Après un événement traumatisant, l’objectif principal est de rétablir la confiance et d’assurer la sécurité. Un enfant traumatisé peut craindre d’être seul et rechercher la présence d’un adulte compatissant. Soyez disponible pour lui autant que possible et assurez-lui un sentiment de sécurité. Si un parent est à l’origine du traumatisme, éloignez-le de l’enfant pour le protéger.
Les recherches indiquent systématiquement que les soignants qui apportent leur soutien sont des facteurs de protection, car les enfants sont moins susceptibles de développer des symptômes de stress post-traumatique.5
Se reconnecter
Le traumatisme de l’attachement, un type de traumatisme de trahison, est l’un des types de traumatisme infantile les plus répandus. Il est souvent causé par des abus ou des négligences chroniques et répétitifs durant l’enfance.
Un enfant souffrant d’un traumatisme de l’attachement peut perdre confiance dans les adultes si la personne qui s’occupe de lui est à l’origine de ses expériences douloureuses. Le parent non agresseur doit donc renforcer ou rétablir la relation d’attachement en tant que figure d’attachement.6
Il est essentiel de rester patient et compréhensif lorsque l’on s’occupe d’enfants, même si leur humeur ou leur attitude semble fluctuer ou s’ils ont du mal à obéir aux figures d’autorité. Soyez ferme et gentil.
Discipline positive
Les enfants dont le traumatisme n’a pas été résolu manifestent souvent de la colère et de l’agressivité. Les réponses disciplinaires sévères des parents peuvent renforcer la perception négative qu’a l’enfant des autres et du monde.
Qu’elles soient qualifiées de maltraitance ou de discipline, les recherches indiquent que les punitions physiques entraînent des symptômes traumatiques.7
Lorsque les parents infligent des châtiments physiques à des enfants traumatisés, ils ne font qu’ajouter au traumatisme existant de l’enfant.
De plus, la discipline punitive ne fonctionne pas. Elle suscite davantage d’agressivité de la part des enfants.8
Remplacez donc les punitions par une discipline positive.
N’évitez pas le sujet lorsqu’il se présente naturellement
S’il ne faut pas pousser les enfants à parler de leur traumatisme, les personnes qui s’occupent d’eux ne doivent pas non plus l’étouffer lorsque l’enfant l’évoque.
Les enfants sont très attentifs aux réactions de leurs parents à la fois à l’événement traumatique et aux conversations qui s’ensuivent. Ils éviteront d’en parler s’ils reconnaissent que cela perturbe leurs parents.
Cela signifie qu’ils n’auront peut-être pas l’occasion d’exprimer leurs émotions ou de recevoir des conseils sur les stratégies d’adaptation. Les parents risquent de ne pas entendre beaucoup parler de l’événement et sous-estiment souvent le niveau des réactions de stress de leurs enfants.9
Permettre à un enfant d’exprimer ses émotions et de discuter de ses expériences peut l’aider à traiter l’événement négatif. Cela permet également aux parents d’entendre le point de vue de l’enfant et de dissiper toute idée fausse, comme l’auto-culpabilisation, un sentiment courant chez les enfants à la suite d’un incident traumatisant.10
Co-réguler pour enseigner la régulation émotionnelle
Lorsque les enfants pleurent ou sont aux prises avec des émotions difficiles, les parents tentent souvent de mettre un terme à leurs pleurs, comme si les pleurs eux-mêmes les faisaient souffrir.
Les pleurs ne sont pas la cause de leur tristesse, ils leur permettent de l’évacuer.
Les enfants traumatisés, en particulier ceux qui souffrent d’un traumatisme de l’attachement, ont tendance à manquer de compétences en matière de régulation émotionnelle. Lorsqu’ils pleurent, les parents peuvent co-réguler avec eux pour les aider à apprendre l’autorégulation.
L’objectif n’est pas d’appuyer sur un bouton pour qu’il arrête de pleurer, mais d’être présent et de le soutenir pendant qu’il traite ses larmes et ses émotions difficiles, pour finalement en ressortir plus calme et plus résilient.
Aide professionnelle pour l’enfant et le parent
Les parents doivent rechercher un traitement efficace pour les enfants qui ont subi un traumatisme. L’expérience de chaque enfant et ses réactions émotionnelles au traumatisme sont uniques. L’aide d’un professionnel permet de personnaliser le traitement des enfants en tenant compte de leurs besoins spécifiques, de leurs forces et de leurs vulnérabilités.
Les professionnels de la santé mentale peuvent offrir à l’enfant un environnement sûr et empathique qui lui permet d’exprimer ses émotions, d’assimiler ses expériences et de développer des mécanismes d’adaptation sains.
Si un parent souffre également des effets négatifs du traumatisme, comme dans le cas de la perte d’un conjoint, il aura également besoin d’un soutien émotionnel pour faire face à la situation. Les jeunes enfants se tournent souvent vers leurs parents pour savoir comment réagir et faire face à des situations difficiles. En cherchant du soutien et en traitant leur propre deuil, les parents peuvent donner à leurs enfants l’exemple de stratégies d’adaptation et d’expression émotionnelle saines.
Les traumatismes de l’enfance à l’âge adulte
Les traumatismes de l’enfance non traités peuvent perdurer. Les traumatismes de l’enfance chez les adultes sont fréquents, et il est important d’en savoir plus et de demander de l’aide.
Ressources
Voici d’autres ressources pour les parents d’enfants victimes de maltraitance.
Réseau national de lutte contre le stress traumatique chez l’enfant
https://www.nctsn.org/
Livre sur la guérison des traumatismes chez l’enfant
Trauma and Recovery par Judith Lewis Herman, M.D.
Thérapie gratuite aux États-Unis
https://www.parentingforbrain.com/free-therapy/
