Alors que vous pensiez avoir franchi la ligne d’arrivée, votre tout-petit fait enfin ses nuits et les journées épuisantes du nouveau-né ne sont plus qu’un lointain souvenir. Il ne reste plus qu’à passer à l’âge terrible des deux ans.
Vous expirez, prête à profiter de ce nouveau sentiment de normalité.
Mais attendez, qu’est-ce que c’est ? Votre enfant, autrefois placide, est aujourd’hui un tourbillon d’émotions fortes, qui fait des crises de colère à tout bout de champ.
Bienvenue dans la terrible période des deux ans, une étape qui peut prendre au dépourvu même les parents les mieux préparés.
Qu’est-ce que l’âge terrible des deux ans ?
Les « deux terribles » sont une étape du développement qui commence généralement vers l’âge de 18 mois et qui se caractérise par des comportements difficiles tels que les crises de colère, le défi et les sautes d’humeur.
Ce stade est appelé « terrible twos » parce que ces comportements apparaissent souvent lorsque l’enfant atteint l’âge de deux ans et commence à marcher.
Le terme « terrible » est un peu mal choisi ; ce n’est pas que les enfants sont terribles, mais que leur comportement peut être perplexe et difficile à gérer pour les parents.
Le comportement des enfants terribles comprend les crises émotionnelles, la défiance et l’opposition, ainsi que l’anxiété de séparation. Il s’agit d’une étape normale du développement de l’enfant, car les jeunes enfants deviennent plus indépendants et s’affirment, mais ne sont pas en mesure de communiquer leurs besoins ou de réguler leurs émotions.
Quelles sont les causes de l’âge terrible de deux ans ?
L’étape des deux ans terribles est influencée par une combinaison de facteurs qui s’entremêlent au fur et à mesure que les enfants grandissent.
À cet âge, le cerveau et le corps de l’enfant se développent rapidement. Il commence à saisir son individualité et se rend compte qu’il est différent des personnes qui s’occupent de lui.
Cette nouvelle compréhension suscite un fort désir d’indépendance. C’est une période passionnante pour eux. Leur curiosité insatiable les pousse également à explorer sans cesse leur environnement.
Cependant, leur mobilité accrue peut parfois les conduire dans des situations auxquelles ils ne sont pas préparés, ce qui entraîne des frustrations tant pour l’enfant que pour la personne qui s’en occupe.
Alors que leur compréhension du monde s’élargit, leur capacité de communication reste à la traîne.
Cela conduit souvent à des moments d’exaspération lorsqu’ils ne parviennent pas à communiquer leurs besoins, leurs désirs ou leurs émotions.
Leur monde émotionnel devient également plus vivant et rempli de sentiments intenses.
Des facteurs physiques, comme l’inconfort des poussées dentaires, peuvent également accroître leur irritabilité.
Cependant, ils n’ont pas la maturité et les outils nécessaires pour réguler ces émotions, ce qui entraîne des explosions, des crises de colère et d’inévitables luttes de pouvoir.
Un aspect important du développement de l’enfant est la vérification des limites. À mesure que les tout-petits comprennent leur environnement, ils repoussent les limites pour évaluer les réactions et les conséquences.
Les perturbations de la routine, qu’il s’agisse de changements dans les habitudes de sommeil ou de la transition vers un nouvel environnement, peuvent aussi facilement faire basculer l’équilibre, entraînant une augmentation de l’humeur grincheuse ou des crises de colère plus fréquentes.
Combien de temps dure l’âge terrible de deux ans ?
Les crises de colère des deux ans sont plus fréquentes chez les enfants âgés de 18 mois à 4 ans.1
Environ 20 % des enfants de deux ans, 18 % des enfants de trois ans et 10 % des enfants de quatre ans ont des crises de colère quotidiennes.2
Une étude a révélé qu’environ la moitié des familles constatent une diminution des crises de colère lorsque les enfants atteignent l’âge de cinq ans. Mais pour l’autre moitié, le défi reste entier.3
Pourquoi cela se produit-il ?
Au fur et à mesure que les enfants grandissent, la simple satisfaction de leurs besoins physiques fondamentaux ne suffit plus. Leurs besoins psychologiques changent et ils commencent à ressentir des émotions fortes, surtout lorsqu’ils ne sont pas satisfaits.
Bien que de nombreux parents considèrent les deux ans terribles comme une simple phase de développement qui passera, il s’agit d’une période cruciale au cours de laquelle les enfants commencent à apprendre à réguler leurs émotions.
Les enfants ne naissent pas en sachant comment réguler leurs émotions. Ils doivent l’apprendre.
La petite enfance est une période privilégiée, parfois appelée « période sensible » ou « période critique », au cours de laquelle les enfants sont les mieux armés pour acquérir ces nouvelles compétences. Mais s’ils ne reçoivent pas les bons conseils ou s’ils n’ont pas l’occasion de s’exercer, certains d’entre eux risquent de ne pas dépasser cette « phase ».
La bonne nouvelle, c’est que la durée de cette phase dépend de l’enseignement et de l’accompagnement des tout-petits.
Comment faire face à l’âge terrible des deux ans
Se calmer et recadrer son point de vue
Au lieu de considérer les crises de colère des deux ans comme vraiment « terribles », voyez-les comme des occasions d’apprentissage essentielles pour votre enfant.
Tout comme les tout-petits ont besoin de tomber de temps en temps lorsqu’ils apprennent à marcher pour comprendre comment se relever, ils ont également besoin d’exprimer leurs émotions pour apprendre à les réguler.
Lorsque votre tout-petit fait une crise, passez de l’état d’esprit « Oh non, pas encore » à l’état d’esprit « C’est l’occasion pour moi de l’aider à comprendre et à gérer ses émotions ».
Alors, respirez profondément.
Acceptez ces moments comme des moments d’apprentissage, en aidant votre enfant à gérer ses émotions et à en sortir plus fort.
Cette perspective positive peut également vous aider à réguler vos propres émotions.
Rediriger avant l’explosion
Rediriger leur attention avant qu’une crise de colère ne dégénère peut s’avérer très efficace pour les tout-petits. À cet âge, les enfants sont naturellement curieux et peuvent être facilement distraits.
Si vous remarquez des signes avant-coureurs d’une crise de colère, comme une augmentation de l’agitation ou de la frustration, introduisez rapidement une nouvelle activité, un nouveau jouet ou un nouvel environnement.
Il peut s’agir simplement de montrer un oiseau à l’extérieur, d’offrir un jouet différent ou de changer de pièce.
En détournant son attention, vous pouvez souvent empêcher le déclenchement d’une véritable crise de colère et aider votre enfant à retrouver un état d’esprit plus positif.
Agissez rapidement et proposez une alternative engageante avant que les émotions ne dégénèrent.
Veillez à votre sécurité
Si un enfant a un comportement dangereux, intervenez immédiatement pour faire cesser ces agissements.
Les enfants au comportement agressif peuvent avoir besoin d’être placés dans un endroit sûr pour éviter qu’ils ne se blessent ou ne blessent d’autres personnes.
Reconnaître et s’accorder
Un moyen efficace d’apaiser un enfant en détresse est de lui faire savoir que vous comprenez ce qu’il ressent. Lorsque les enfants se sentent écoutés et validés, ils sont plus enclins à se calmer.
Commencez par reconnaître leurs émotions et par vous mettre à leur écoute en faisant preuve d’une réelle empathie.4
Par exemple, s’il est contrarié parce qu’il n’a pas été autorisé à toucher quelque chose de potentiellement dangereux, vous pouvez dire : « Je vois que tu es vraiment contrarié parce que je ne t’ai pas laissé toucher la marmite chaude. Tu as eu l’impression que je te criais dessus, n’est-ce pas ? ».
Accompagnez vos paroles d’un langage corporel empathique.
Afficher une expression faciale soucieuse, maintenir un contact visuel doux et utiliser une voix calme pour montrer que vous comprenez leurs émotions, même si vous n’êtes pas d’accord avec eux.
Créez un espace sûr pour que votre enfant puisse exprimer ses sentiments plutôt que de l’invalider avec des phrases comme « Ne pleure pas ».
Favoriser la régulation des émotions
Les jeunes enfants peuvent avoir du mal à s’apaiser et à réguler les émotions intenses. Même s’ils veulent se calmer, ils n’ont peut-être pas encore les outils ou les mécanismes pour y parvenir.
Nous pouvons intervenir pour leur apporter ce soutien. L’un des meilleurs moyens est le contact physique.
Un simple geste, comme une douce étreinte ou le fait de tenir la main d’une personne, peut lui apporter réconfort et sécurité.5
Cette connexion tactile peut les aider à s’ancrer, à réduire leur détresse et à les guider vers un état plus paisible. Nous pouvons servir de point d’ancrage pendant ces tempêtes émotionnelles, en les aidant à apprendre et à pratiquer la régulation des émotions.
Enseigner, pas seulement calmer
Gardez à l’esprit que l’objectif est d’aider nos petits à apprendre à gérer leurs émotions, et pas seulement de mettre fin à la crise de colère immédiate. Si nous nous concentrons uniquement sur l’arrêt des pleurs ou sur la punition d’un mauvais comportement, nous nous sentirons frustrés si cela ne se produit pas immédiatement.
Tout comme ils ont mis du temps à apprendre à marcher, la compréhension et la gestion des émotions est un voyage qui demande de la patience et de la pratique.
En gardant une attitude pédagogique, nous pouvons les guider dans le développement de ces compétences essentielles plutôt que de nous sentir à bout de nerfs lorsqu’ils ne se calment pas instantanément.
Il s’agit d’avoir une vue d’ensemble et de les préparer à une réussite émotionnelle à long terme.
Une fois qu’il est bien installé, apprenez-lui à utiliser des mots pour exprimer ses sentiments et ses besoins. Le développement du langage est associé à une diminution des crises de colère, à un développement plus sain et à de meilleurs résultats scolaires plus tard dans la vie.6
Discutez des solutions acceptables ou des perspectives alternatives à la situation à laquelle ils ont été confrontés.
Il s’agit là de compétences essentielles pour la vie, et c’est notre rôle de les transmettre. Les laisser se débrouiller seuls pourrait les conduire sur la mauvaise voie et risquerait de développer des comportements inadaptés.
Prévenir
Dans la vie de tous les jours, vous pouvez également enseigner un comportement approprié en fixant des limites et en utilisant un renforcement positif pour les bons comportements.
Une routine et une structure cohérentes peuvent également apprendre aux tout-petits à quoi s’attendre et réduire les déclenchements et la confusion.
Les retards de langage peuvent être une source de frustration permanente pour les enfants. Consultez un spécialiste du développement de l’enfant dès que possible si vous pensez que votre enfant a des difficultés à développer ses capacités de communication.
Voir aussi : Les crises de colère des enfants de 3 ans
Que se passe-t-il après l’âge de deux ans ?
La fin de l’âge terrible des deux ans et la suite dépendent à la fois de l’approche parentale adoptée pendant cette période difficile et du tempérament de l’enfant.
Les enfants au tempérament facile peuvent passer sans problème à l’étape suivante du développement, tandis que d’autres au tempérament plus réactif peuvent avoir besoin d’être guidés et soutenus en permanence.
Mais l’approche parentale joue également un rôle essentiel.
Le recours à des mesures disciplinaires sévères, comme la fessée, peut laisser des traces durables sur le développement d’un enfant en bas âge.
Les enfants exposés à des méthodes aussi sévères peuvent avoir du mal à passer le cap des « deux ans terribles », ce qui peut entraîner des problèmes de comportement, voire des troubles graves tels que le trouble oppositionnel avec provocation (TOP).
Les familles qui recourent systématiquement à des techniques parentales sévères peuvent être piégées dans un cycle coercitif.
Ce cycle implique souvent une escalade des luttes de pouvoir entre le parent et l’enfant, ce qui conduit à une dynamique familiale dysfonctionnelle. Au fil du temps, cette relation parent-enfant tendue peut exacerber les problèmes de comportement des enfants.
D’un autre côté, les parents qui donnent la priorité à l’enseignement des compétences d’autorégulation à leurs enfants jettent les bases d’un développement émotionnel positif et d’un bien-être général.
Au lieu d’anticiper avec anxiété une nouvelle phase difficile, les parents peuvent trouver du réconfort en se concentrant sur l’entretien d’une relation solide et positive avec leur enfant et en favorisant une régulation émotionnelle saine.
Les crises de colère des deux ans terribles font partie intégrante de la croissance de l’enfant. La recherche montre qu’une perception positive des enfants est associée à de meilleures interactions parents-enfants, à de meilleures compétences linguistiques et à une meilleure santé mentale.7
L’amélioration des relations parents-enfants peut également réduire le comportement provocateur des enfants.8
En définitive, cette approche proactive ouvre la voie à une vie familiale plus harmonieuse et à un enfant bien adapté.
