- Le jeûne intermittent n’a pas dépassé de manière significative les conseils diététiques standard pour perdre du poids.
- Cela peut entraîner des pertes légèrement plus importantes que ne rien faire, mais les preuves sont incertaines.
- Les résultats à long terme et les conséquences sur le diabète sont largement absents de la recherche.
Si vous souhaitez perdre du poids, vous avez probablement consulté toutes sortes d'opinions documentées (et moins bien documentées) sur la meilleure façon de perdre du poids sans le reprendre. Même si les régimes hypocaloriques constituent depuis longtemps la stratégie de prédilection, ils peuvent conduire à un succès initial mais ne parviennent pas à produire des résultats durables. Entrez dans le jeûne intermittent : une approche diététique qui alterne entre des périodes d’apport calorique faible ou nul et une alimentation normale.
Largement promu dans les blogs et sur les réseaux sociaux, le jeûne intermittent a gagné en popularité en raison de son potentiel à améliorer le métabolisme des graisses, à améliorer la sensibilité à l'insuline et à soutenir la régulation du glucose. Mais est-il à la hauteur du battage médiatique ? Une étude récente met en lumière les avantages, les limites et les incertitudes entourant le jeûne intermittent en tant que stratégie de perte de poids. Les résultats ont été publiés dans une base de données Cochrane.
Comment cette étude a-t-elle été menée ?
Pour évaluer l’efficacité du jeûne intermittent, les chercheurs ont mené une revue systématique de 22 essais contrôlés randomisés impliquant 1 995 participants. Ces études ont porté sur des pays comme les États-Unis, l’Australie, la Chine et l’Allemagne. Les essais comparaient les méthodes de jeûne intermittent, telles que l'alimentation à durée limitée et le jeûne un jour sur deux, avec des conseils diététiques réguliers, l'absence d'intervention et ceux qui étaient sur une liste d'attente pour commencer le jeûne intermittent.
L'examen s'est concentré sur les résultats clés, notamment la perte de poids, la qualité de vie, la satisfaction des participants et bien plus encore. Les chercheurs ont utilisé des outils robustes tels que l’outil Cochrane sur le risque de biais pour évaluer la qualité des études et synthétisé les résultats à l’aide d’une méta-analyse lorsque cela était possible. La durée minimale de l'intervention était de quatre semaines, avec des suivis s'étendant sur au moins six mois, garantissant une évaluation complète des effets à court terme.
Qu’a révélé l’étude ?
Les résultats ont révélé des résultats mitigés. Comparé aux conseils diététiques réguliers, le jeûne intermittent n’a montré que peu ou pas de différence en termes de perte de poids. De même, son impact sur la réduction du poids corporel ou l’amélioration de la qualité de vie était minime. Les événements indésirables étaient également comparables.
Par rapport à ceux sur la liste d'attente et à ceux qui n'utilisent aucune intervention en matière d'alimentation saine, le jeûne intermittent a probablement entraîné une perte de poids légèrement plus importante. Cependant, ses effets sur la qualité de vie et les événements indésirables sont restés incertains, avec des preuves de très faible certitude en raison de l'imprécision et du risque de biais.
Notamment, aucune des études incluses n'a rendu compte de la satisfaction des participants, du statut diabétique ou des comorbidités globales, ce qui laisse des lacunes significatives dans les preuves.
Limites
Bien que l'examen fournisse des informations précieuses, il est important de reconnaître ses limites. La plupart des études se sont concentrées sur les résultats à court terme, avec des suivis limités à 12 mois. Cela limite la capacité de tirer des conclusions sur la durabilité à long terme et les impacts sur la santé du jeûne intermittent. De plus, les données probantes étaient souvent évaluées comme étant d’un niveau de certitude faible ou très faible en raison de problèmes méthodologiques, tels que la petite taille des échantillons et les rapports incohérents.
Une autre limite est le manque de données sur diverses populations. Les études incluses représentaient principalement des pays à revenu élevé, laissant des questions sur la manière dont le jeûne intermittent pourrait fonctionner dans des contextes à revenu faible ou intermédiaire ou parmi différents groupes démographiques.
Comment cela s’applique-t-il à la vraie vie ?
Pour les personnes envisageant le jeûne intermittent, les résultats suggèrent qu’il n’offre peut-être pas d’avantages significatifs par rapport aux régimes traditionnels hypocaloriques. Pour certains, la nature structurée du jeûne intermittent peut constituer un cadre utile, tandis que d’autres peuvent avoir du mal à s’y conformer. Cette étude suggère que ce n’est pas une obligation pour tout le monde.
Il convient également de noter que le jeûne intermittent n’est pas une solution universelle. Des facteurs tels que les horaires de travail, les engagements sociaux et les conditions médicales peuvent influencer sa faisabilité. Le mieux est de suivre les conseils d’un professionnel de la santé pour savoir quelles stratégies vous conviennent le mieux.
Notre avis d'expert
Une récente revue Cochrane a examiné en profondeur 22 essais contrôlés randomisés, impliquant près de 2 000 participants, pour voir comment le jeûne intermittent se compare aux conseils diététiques réguliers, à ne rien faire ou simplement à attendre de commencer. Les résultats? Bien que le jeûne intermittent ait montré des avantages modestes en matière de perte de poids par rapport à l’absence d’intervention, il n’a pas surpassé de manière significative les régimes traditionnels hypocaloriques. Travailler avec une diététiste professionnelle peut vous aider à trouver une approche de perte de poids qui correspond le mieux à votre style de vie et à vos objectifs.
