Principaux enseignements
- Une nouvelle étude établit un lien entre les aliments ultra-transformés et un risque accru de développer un psoriasis.
- Les aliments ultra-transformés (ou UPF) représentent plus de la moitié de l’apport calorique quotidien de nombreuses personnes aux États-Unis.
- Les chercheurs ont constaté que le remplacement des aliments ultra-transformés par des aliments moins transformés réduisait le risque de psoriasis.
Le psoriasis est une affection cutanée de longue durée qui provoque l’apparition de plaques rouges, prurigineuses et squameuses sur la peau. Ces plaques peuvent apparaître n’importe où sur le corps, mais les zones les plus courantes sont la paume des mains, la plante des pieds, les ongles et les régions les plus sensibles. Environ 2 à 3 % des personnes dans le monde vivent avec le psoriasis, une affection qui nécessite souvent un traitement continu pour gérer les symptômes.
Les traitements tels que la luminothérapie, les médicaments et les produits biologiques peuvent aider, mais il n’existe actuellement aucun traitement curatif. Malheureusement, le psoriasis n’affecte pas seulement la peau ; il est également lié à d’autres problèmes de santé, tels que les maladies cardiaques, la maladie de Crohn et les troubles mentaux comme l’anxiété ou la dépression. Il est intéressant de noter que l’alimentation peut jouer un rôle dans le psoriasis, car certains aliments peuvent influencer l’inflammation dans l’organisme.
Un domaine de recherche en plein essor s’intéresse aux aliments ultra-transformés (UPF), c’est-à-dire aux aliments fortement transformés avec des sucres ajoutés, des graisses et des ingrédients artificiels. Des études montrent que ces aliments peuvent contribuer à l’inflammation et pourraient être un facteur d’aggravation du psoriasis. Les UPF représentant plus de la moitié de l’apport calorique quotidien dans des pays comme les États-Unis, le Canada et le Royaume-Uni, il est plus important que jamais de comprendre leur impact sur les maladies chroniques comme le psoriasis.
Pour étudier la relation entre la consommation de FPS et le risque de psoriasis, des chercheurs ont mené une étude sur ce sujet précis, dont les résultats ont été publiés dans la revue Les nutriments.
Comment cette étude a-t-elle été menée ?
Pour déterminer s’il existe un lien entre la consommation d’aliments ultra-transformés et le risque de psoriasis, les chercheurs ont analysé les données de la UK Biobank, un vaste projet de recherche visant à comprendre comment notre génétique et notre mode de vie influencent le développement des maladies.
Dans cette cohorte, les participants ont répondu à des questions sur leur santé, leur alimentation et leur mode de vie par le biais d’entretiens et de questionnaires. Pour cette analyse, les chercheurs ont exclu les participants qui ont commencé l’étude avec du psoriasis, les personnes qui ont quitté l’étude prématurément et celles dont l’apport calorique journalier déclaré semblait irréaliste. Après ces ajustements, l’étude comprenait 121 019 participants.
L’étude a également examiné la consommation d’aliments ultra-transformés, qui comprennent des aliments tels que les snacks emballés, les boissons gazeuses, les repas prêts à consommer et les pains transformés industriellement. Ces types d’aliments peuvent contenir de nombreux ingrédients artificiels et sont conçus pour être pratiques et se conserver longtemps. Les chercheurs ont utilisé un questionnaire en ligne sur l’alimentation pour calculer la quantité d’aliments ultra-transformés consommée quotidiennement par les participants, en se basant sur le type et la taille des portions. Ils ont ensuite regroupé les participants par niveau de consommation de FUP afin de mieux comprendre l’impact de ces aliments sur la santé. Les chercheurs ont également recueilli des informations sur le développement éventuel d’un psoriasis chez les participants.
Pour mieux comprendre les facteurs susceptibles d’influencer les résultats en matière de santé, l’étude a également pris en compte divers facteurs personnels et liés au mode de vie, tels que l’âge, le sexe, l’appartenance ethnique (blanc ou autre), l’indice de masse corporelle (IMC), l’apport énergétique provenant des aliments et des boissons, le niveau d’activité physique, les habitudes de consommation de tabac et d’alcool et le statut socio-économique.
Quels sont les résultats de l’étude ?
L’analyse a montré que la consommation d’aliments ultra-transformés peut être liée à un risque accru de développer un psoriasis, et qu’une partie de ce lien potentiel est due à une inflammation de faible intensité dans l’organisme. Un autre facteur, l’indice de masse corporelle (IMC), a joué un rôle encore plus important, représentant 27,15 % du lien. Cela signifie que l’inflammation et un IMC élevé peuvent contribuer au lien entre la consommation d’aliments ultra-transformés et le risque de psoriasis.
Ni le sexe, ni l’âge, ni le poids corporel, ni les habitudes tabagiques, ni la consommation d’alcool, ni les niveaux d’activité physique n’ont eu d’impact significatif sur ce lien, ce qui signifie que le risque associé à la consommation d’aliments ultra-transformés était similaire quelles que soient les différences entre ces caractéristiques.
L’étude a révélé que le risque de développer un psoriasis augmentait à mesure que le risque génétique passait d’un niveau faible à un niveau élevé. Si l’on considère à la fois le risque génétique et la consommation d’aliments ultra-transformés, les participants présentant un risque génétique élevé et consommant le plus de FPS étaient 2,7 fois plus susceptibles de développer un psoriasis que ceux présentant un risque génétique faible et consommant le moins de FPS.
Les chercheurs ont également examiné ce qui se passerait si les gens remplaçaient certains des aliments ultra-transformés de leur régime alimentaire par des options plus saines telles que des aliments non transformés ou peu transformés. Les résultats ont montré qu’en remplaçant 5 % des FUP par des aliments non ultra-transformés, le risque de développer un psoriasis diminuait de 14 %. Le remplacement de 10 % des UPF a entraîné une réduction du risque de 17 %, et le remplacement de 20 % des UPF a réduit le risque de 18 %. Ces chiffres suggèrent que même de petits changements en faveur d’une alimentation plus saine peuvent avoir un impact significatif sur la réduction du risque de psoriasis.
Comme le soulignent les chercheurs, il faut tenir compte de certaines limites avant d’accepter ces résultats. Tout d’abord, certains cas de psoriasis ont été signalés par les participants eux-mêmes, il est donc possible qu’ils ne soient pas tout à fait exacts. Deuxièmement, la plupart des participants à l’étude étaient âgés de 40 à 69 ans, avec une moyenne d’âge de 56 ans, ce qui coïncide avec la tranche d’âge habituelle pour l’apparition du psoriasis. Cela signifie que ces résultats peuvent ne pas s’appliquer à tout le monde, y compris à des populations plus jeunes ou plus diversifiées.
Troisièmement, bien que les carnets alimentaires aient fourni des informations utiles sur les habitudes alimentaires, le fait de n’avoir que deux carnets peut ne pas refléter complètement les changements de régime au fil du temps. En outre, le classement des aliments dans des catégories telles que « ultra-transformés » n’est pas parfait, et il se peut qu’il ait légèrement sous-estimé leurs effets négatifs. Il est important de noter que cette étude est de nature observationnelle, ce qui signifie qu’elle examine les associations plutôt que de prouver des relations directes de cause à effet.
Comment cela s’applique-t-il à la vie réelle ?
La compréhension du lien entre les aliments ultra-transformés (PUF) et le risque de psoriasis a des implications pratiques pour la vie quotidienne, en particulier pour les personnes qui gèrent le psoriasis ou qui cherchent à le prévenir. Étant donné que les UPF sont répandus dans les régimes alimentaires de nombreux pays, une réduction, même légère, de leur consommation pourrait contribuer à diminuer la probabilité de développer le psoriasis ou d’en aggraver les symptômes.
Par exemple, de petits changements, comme le remplacement des collations sucrées par des fruits frais ou le choix de céréales complètes plutôt que de pain blanc, peuvent contribuer à réduire l’inflammation et à améliorer l’IMC, deux facteurs dont il a été démontré qu’ils influent sur le risque de psoriasis. Ces ajustements ne nécessitent pas de changements radicaux, mais peuvent constituer des étapes progressives vers des habitudes alimentaires plus équilibrées et plus complètes.
En outre, pour les personnes ayant des antécédents familiaux de psoriasis ou d’autres affections inflammatoires, le fait d’être attentif à la consommation de FPS peut constituer un niveau supplémentaire de soins proactifs. Si la prise en charge du psoriasis implique déjà des médicaments ou des thérapies, l’intégration d’améliorations diététiques ajoute un outil supplémentaire pour combattre les symptômes et améliorer le bien-être général.
Voici quelques moyens de limiter les aliments ultra-transformés :
- Réduire la consommation de boissons sucrées et les remplacer par de l’eau, des tisanes ou des jus fraîchement pressés.
- Choisir des céréales complètes plutôt que des céréales raffinées, comme le riz brun ou le pain complet.
- En grignotant des aliments complets comme des noix, des graines ou du yaourt plutôt que des produits transformés.
- Incorporer plus de fruits et de légumes dans les repas quotidiens et les utiliser comme base pour les collations.
Le bilan
Recherche publiée dans Nutriments suggère un lien potentiel entre la consommation d’aliments ultra-transformés et le risque de psoriasis. La prise en charge du psoriasis peut sembler insurmontable, mais cette étude est porteuse d’espoir : de petits changements alimentaires réalistes peuvent faire une différence significative. Il n’est pas nécessaire de bouleverser complètement vos habitudes alimentaires du jour au lendemain. Essayez plutôt de remplacer progressivement les aliments ultra-transformés par des produits moins transformés. Par exemple, remplacer les en-cas emballés par des fruits frais ou choisir des repas faits maison plutôt que des options prêtes à consommer peuvent être des premières étapes gérables.
Bien qu’il n’existe pas de solution unique pour la prise en charge du psoriasis, la combinaison d’améliorations diététiques avec des traitements médicaux et des habitudes de vie saines peut constituer une approche bien équilibrée. Il est important de se rappeler que le régime alimentaire n’est pas un remède, mais plutôt une pièce du puzzle de la prise en charge de cette affection. La consultation de professionnels de la santé, tels qu’un dermatologue ou un diététicien, peut aider à adapter les stratégies à vos besoins spécifiques.
