Principaux enseignements
- Une nouvelle étude a montré qu’une consommation modérée de sélénium peut contribuer à réduire de 16 % le risque de maladie cardiaque.
- Le sélénium est présent dans des aliments tels que les fruits de mer, les céréales complètes, les œufs, les produits laitiers et les noix du Brésil, entre autres.
- Le sélénium alimentaire a également été associé à un risque plus faible de crise cardiaque et de maladie coronarienne.
Le sélénium est un minéral vital qui joue un rôle crucial dans le maintien de la santé et du bien-être général. Présent dans une grande variété d’aliments, des noix au poisson, il soutient d’importantes fonctions corporelles, notamment la performance du système immunitaire et la défense antioxydante.
La recherche a montré que la quantité de sélénium dans votre alimentation peut avoir un impact sur votre santé globale à bien des égards. Par exemple, une étude a montré qu’un apport suffisant en sélénium pouvait contribuer à réduire le risque de développer des calculs rénaux chez les personnes âgées. Le sélénium a également été associé à une réduction du risque d’arthrite et de polyarthrite rhumatoïde, ainsi qu’à un renforcement des os. Il existe même des preuves suggérant que le sélénium pourrait contribuer à une meilleure fonction cérébrale.
Les maladies cardiovasculaires étant la première cause de mortalité dans le monde, il est essentiel de trouver des moyens de préserver la santé du cœur. C’est pourquoi des chercheurs ont récemment tenté de déterminer s’il existait un lien entre l’apport en sélénium et le risque de MCV. Scientific Reports. Voici ce qu’ils ont trouvé.
Comment cette étude a-t-elle été menée ?
Pour évaluer le lien entre l’apport en sélénium et le risque de maladie cardiovasculaire, les chercheurs ont analysé les données de la National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES), une vaste étude menée aux États-Unis pour comprendre la santé et la nutrition de la population américaine. Ces données ont permis de mieux comprendre l’apport en sélénium par l’alimentation ainsi que diverses affections liées au cœur et aux vaisseaux sanguins, telles que les maladies cardiovasculaires, l’insuffisance cardiaque, les maladies coronariennes, le durcissement des artères, les crises cardiaques, les douleurs thoraciques (ou angine de poitrine) et les accidents vasculaires cérébraux (AVC). L’analyse a porté sur plus de 39 000 participants.
Pour mieux comprendre la quantité de sélénium contenue dans leur alimentation, les participants à l’étude NHANES ont pris part à deux entretiens de rappel alimentaire. Les chercheurs ont utilisé des outils spécialisés pour analyser ces informations et calculer la quantité de sélénium consommée par chaque personne à partir de sources alimentaires naturelles, comme les fruits, les légumes et les viandes. Le sélénium provenant de suppléments ou de médicaments n’a pas été pris en compte dans ces calculs, ce qui a permis aux chercheurs de se concentrer uniquement sur le sélénium consommé dans le cadre d’un régime alimentaire normal.
Pour identifier les problèmes de santé liés au cœur, les participants ont été interrogés au cours des entretiens, soit directement, soit par l’intermédiaire d’un soignant. Il s’agissait notamment de savoir si un médecin leur avait dit qu’ils souffraient de problèmes tels que l’insuffisance cardiaque, l’angine de poitrine, l’infarctus du myocarde ou l’accident vasculaire cérébral. Si un participant répondait « oui » à l’une de ces questions, il était considéré comme ayant des antécédents de maladie cardiovasculaire (MCV).
L’étude a examiné plusieurs résultats liés au cœur, tels que les maladies coronariennes et les accidents vasculaires cérébraux, ainsi que d’autres problèmes connexes tels que l’insuffisance cardiaque congestive. Les chercheurs ont également recueilli un grand nombre d’autres informations sur les participants, notamment leur âge, leur sexe, leur race, leur niveau d’éducation, leurs revenus et leur consommation d’alcool.
En moyenne, les participants étaient âgés d’environ 47 ans, avec une répartition assez équilibrée entre hommes et femmes. Les participants ont été regroupés en trois catégories en fonction de la quantité de sélénium qu’ils consommaient dans leur alimentation, et les données correspondantes ont été analysées.
Quels sont les résultats de l’étude ?
Les chercheurs ont observé que les participants qui consommaient des quantités modérées ou élevées de sélénium présentaient des avantages pour la santé cardiaque. Les chercheurs ont également découvert des points de basculement spécifiques pour la relation entre l’apport alimentaire en sélénium et la santé cardiaque et cérébrale. Ils ont constaté que la consommation d’environ 135,28 microgrammes (µg) de sélénium par jour marquait un point clé où son effet protecteur contre les maladies cardiovasculaires et les maladies cardiovasculaires athérosclérotiques commençait à se déplacer. De même, pour la prévention des accidents vasculaires cérébraux, le point clé se situe autour de 100,3 µg par jour. Au-delà de ces niveaux, les bénéfices du sélénium diminuent, ce qui souligne l’importance d’un apport équilibré.
L’apport moyen en sélénium des participants était de 114,67 µg par jour, ce qui est supérieur à l’apport journalier recommandé pour la plupart des adultes. Sur l’ensemble des participants, 8,57 % souffraient de maladies cardiovasculaires, mais ce pourcentage diminuait à mesure que l’apport en sélénium augmentait. Les personnes appartenant au groupe ayant l’apport le plus élevé en sélénium avaient moins de risques de souffrir de maladies telles que les accidents vasculaires cérébraux, les insuffisances cardiaques et les crises cardiaques que celles appartenant au groupe ayant l’apport le plus faible en sélénium. Même en tenant compte de facteurs tels que l’âge, le sexe et la race, un apport plus élevé en sélénium était toujours associé à une réduction du risque de maladie cardiovasculaire.
En comparant le groupe ayant l’apport en sélénium le plus faible à celui ayant un apport en sélénium plus élevé, les données montrent que les personnes qui consomment des quantités modérées de sélénium ont un risque de maladie cardiovasculaire inférieur de 16 % dans un modèle entièrement ajusté. Cela signifie que lorsque des facteurs tels que l’âge, le sexe et la race sont pris en compte, le groupe ayant un apport modéré en sélénium présente toujours un risque significativement plus faible. Mais pour les personnes du groupe ayant l’apport en sélénium le plus élevé, les effets protecteurs n’étaient plus significatifs. Cela suggère que si un apport modéré en sélénium peut contribuer à réduire le risque de maladie cardiovasculaire, la consommation des niveaux les plus élevés n’offre pas nécessairement de bénéfices supplémentaires.
D’autres données montrent comment l’apport en sélénium peut avoir un impact sur diverses affections cardiaques. Un apport modéré en sélénium, par exemple, a permis de réduire le risque de
- de maladie coronarienne, de 20 %
- insuffisance cardiaque congestive, de 30
- crises cardiaques, de 25
- angine de poitrine, de 30
Dans l’ensemble, ces résultats soulignent le potentiel du sélénium en tant que nutriment clé pour la santé cardiaque.
Mais cette étude présente d’importantes limites. Comme elle ne recueille des données qu’à un moment donné, les chercheurs n’ont pas pu observer l’évolution des habitudes alimentaires au fil des ans. Les régimes alimentaires peuvent changer avec l’âge, et ces changements pourraient avoir un impact sur le lien entre l’apport en sélénium et le risque de maladie cardiaque, mais cette étude n’a pas pu explorer ce point.
Une autre limite est que les chercheurs se sont appuyés sur les participants pour déclarer s’ils souffraient d’une maladie cardiaque, ce qui signifie qu’il est possible que certaines personnes ne se souviennent pas de leurs antécédents médicaux ou ne les communiquent pas avec précision. Enfin, en raison de la manière dont l’étude a été conçue, nous ne pouvons pas dire avec certitude si le fait de consommer plus ou moins de sélénium entraîne des changements dans le risque de maladie cardiaque ; nous ne pouvons que constater une association.
Comment cela s’applique-t-il à la vie réelle ?
Sur la base de ces résultats, l’intégration d’aliments riches en sélénium dans votre alimentation pourrait être un moyen simple mais efficace de soutenir la santé cardiaque. En consommant avec modération des aliments contenant du sélénium, vous pouvez améliorer votre apport global en sélénium, ce qui, comme le suggère l’étude, peut être lié à une réduction du risque de maladies telles que les accidents vasculaires cérébraux, les crises cardiaques ou d’autres problèmes cardiovasculaires. Toutefois, il est essentiel d’équilibrer la consommation de sélénium. Une surconsommation peut entraîner une diminution des bénéfices ou des risques potentiels pour la santé, c’est pourquoi il est essentiel de rester dans les limites des recommandations alimentaires.
L’apport journalier recommandé en sélénium varie en fonction de l’âge, du sexe et de l’état de santé. Pour la plupart des adultes, l’apport nutritionnel recommandé (ANR) est de 55 µg par jour. L’apport maximal tolérable (AMT) de sélénium pour les adultes est de 400 µg par jour.
Il existe de nombreux aliments délicieux qui sont naturellement riches en sélénium, et il est donc facile de les ajouter à vos repas. Voici une liste d’excellentes options à considérer :
- Noix du Brésil (elles regorgent de sélénium !)
- Fruits de mer comme le thon, les sardines et les crevettes
- Les abats, comme le foie
- Œufs
- Céréales complètes, comme le riz brun et le pain de blé entier
- Graines de tournesol
- Champignons
- Epinards
- Volaille, comme le poulet et la dinde
- Produits laitiers, comme le yaourt et le lait
Le bilan
Une étude publiée dans Scientific Reports suggère que l’apport en sélénium peut être lié à des bénéfices pour la santé cardiaque. Cet article souligne l’importance d’un apport équilibré en sélénium, les recherches mettant en évidence son potentiel de réduction des risques de diverses affections cardiovasculaires, à condition de ne pas en abuser.
En intégrant à votre alimentation des aliments riches en sélénium, vous pouvez prendre des mesures proactives pour améliorer votre bien-être. Mais il est essentiel de se rappeler que la modération est la clé. Un excès de sélénium peut avoir des effets néfastes, c’est pourquoi il est essentiel de suivre les recommandations diététiques pour maintenir un équilibre sain.
Il est important de se rappeler que si le sélénium n’est pas à lui seul une solution magique, il est une pièce essentielle du puzzle pour favoriser un mode de vie sain pour le cœur. Associé à d’autres choix de vie positifs, tels qu’une activité physique régulière et l’évitement d’habitudes nocives comme le tabagisme, le sélénium peut offrir certains avantages. Consultez toujours des professionnels de la santé pour adapter votre approche de la nutrition et du bien-être à vos besoins individuels.
