Vous pensiez qu’avec votre application de traduction préférée, plus rien n’allait échapper à vos échanges avec les anglophones ? Raté ! Certains mots français restent intraduisibles et ont, parait-il, le don de rendre les étrangers complètement fous… ou simplement jaloux de notre lexical savoir-faire. Du « chic » inégalable au « bof » indispensable pour illustrer l’ambivalence à la française, zoom sur ces sept mots qui n’existent que chez nous et font le charme unique de notre langue.
La flemme : le triomphe délicieux de la paresse
- « Je ne peux pas ce soir, j’ai la flemme. » Avouez, qui n’a jamais prononcé cette phrase déjà culte ?
- En anglais, on devra se contenter d’un « I don’t feel like it », nettement moins expressif – et surtout, bien moins satisfaisant à claquer en pleine conversation.
- La « flemme » puise ses racines dans l’italien « flemma » (« lenteur, placidité »), mais aussi dans le latin « phlegma » désignant, certes, l’une des quatre humeurs fondamentales de l’organisme (miam), mais aussi la paresse assumée.
- Notons l’existence savoureuse du « batteur de flemme » au XIXe siècle, pour l’individu désœuvré.
Tartiner : plus qu’une affaire de pain
- En France, on ne se contente pas d’« étaler ». On tartine, et pas qu’au petit-déjeuner.
- Le verbe anglais « to spread » fait ce qu’il peut, mais n’a pas le parfum croustillant de « tartiner »… qui évoque ce mouvement gourmand du couteau, ni son usage figuré, du discours interminable à la digression presque épuisante.
- Au début du XXe siècle, « s’en tartiner » signifiait « se moquer, s’en foutre ». Ce n’est pas Céline (dans « Mort à crédit ») qui dira le contraire : « Je m’en tartine ! »
