Médiathèque

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5 livres mère-veilleux

Par @haut_les_nains

Des histoires de femmes -et plus précisément de mères- que j’ai aimées, je pourrais en citer de nombreuses. Mais parmi elles, combien m’ont profondément marqué ? Quelles sont celles que j’offrirais sans hésiter à mes amies et qui résonneraient avec leur propre maternité ? De prime abord, le choix de ces cinq ouvrages peut paraître éclectique, tant au niveau de leur date de parution que de leur niveau de lecture. Pourtant, ces livres ont bien un point commun, en plus de soulever les grandes questions que pose la maternité : ils ont provoqué en moi tout un tas d’émotions. Et n’est-ce pas cela qu’on attend d’un bon livre : qu’il nous fasse vibrer ?

Jamais sans ma fille, Betty Mahmoody (1987).

Je n’ai pas pour habitude de relire deux fois le même livre. L’offre est tellement énorme, je me dis souvent que je n’aurai pas assez d’une vie pour venir à bout de tous ceux que j’aimerais lire. Jamais sans ma fille est ma seule exception. Parce que je l’avais lu avant d’être mère et que j’ai eu envie de le relire quand je le suis devenue. J’ai alors d’autant mieux compris la nécessité de Betty, l’héroïne, de se battre pour quitter l’Iran. Et son impossibilité de le faire sans emmener sa fille. Son incroyable combat pour se défaire de son mari et de sa belle-famille afin de retrouver son Amérique natale ne peut laisser personne, et encore moins les mères, indifférent.

Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan (2011).

« Comme des dizaines d’auteurs avant moi, j’ai essayé d’écrire ma mère », annonce d’emblée Delphine de Vigan dans les premières pages de son roman, après avoir retrouvé sa mère qui s’est suicidée. L’auteur retrace donc la vie de Lucile, femme singulière et mère bipolaire. Son enfance, puis sa vie d’adulte. Avec en toile de fond, la relation mère-fille. Et cette question sous-jacente, qui ne m’a pas quittée de toute la lecture du roman : « quelle est la force de notre impact sur la vie de nos enfants ? ».

Chanson douce, Leïla Slimani (2016).

Ce livre, ma mère me l’a offert précisément le jour où ma fille allait chez sa nounou pour la dernière fois. J’ai lu les trois premières pages et j’ai aussitôt compris pourquoi elle ne me l’avait pas offert avant. Je me suis enfilé les pages suivantes, en apnée, je crois bien que je n’avais jamais lu de prix Goncourt auparavant, mais j’ai tout de suite compris pourquoi Leïla Slimani l’avait obtenu. Chanson douce, c’est l’histoire de Louise, la perle des nounous, celle qu’on rêve toute d’avoir pour s’occuper de notre progéniture. Celle qui fait le bonheur de Myriam, du moins les premiers temps. C’est un récit aussi prenant que glaçant, qui nous fait réfléchir sur notre condition de mère et la place qu’on laisse à ceux qui s’occupent de nos enfants.

Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie, Virginie Grimaldi (2017).

Je suis une grande adepte de Virginie Grimaldi, qui arrive à me faire passer du rire aux larmes dans un même livre. Et il semblerait que je ne sois pas la seule, au vu du succès de chacun de ses romans. Mais si je ne devais en choisir qu’un, ce serait Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie, qui sonne particulièrement vrai, qu’on sent empreint d’un drame qui a marqué la vie de la romancière. Son héroïne est Pauline, maman de Jules, quatre ans. Pauline, qui vient de se faire quitter par son mari. Pauline, qui tente de le faire revenir en lui écrivant les souvenirs de leur relation. Au fil de ses lettres, on (re)vit leur histoire d’amour, et puis aussi un peu les nôtres. Jusqu’à comprendre le secret qui se cache derrière cette rupture. Quand Virginie Grimaldi nous parle du couple, c’est souvent drôle, et toujours bouleversant.

La femme brouillon, Amandine Dhée (2017).

C’était un jour de grande fatigue que les mères connaissent bien. Mes enfants m’avaient réveillée trois fois durant la nuit, je m’étais déjà énervée plusieurs fois, autant contre moi que contre eux, parce que je n’y arrivais pas, je n’y arrivais plus. Je suis sortie, je voulais que cette culpabilité maternelle dont je n’arrivais pas à me défaire aille voir plus loin si j’y étais. Et c’est ce livre qui y était. Là, sur le présentoir de la librairie. Son résumé disait : « Le meilleur moyen d’éradiquer la mère parfaite, c’est de glandouiller. Si faire vœu d’inutilité est déjà courageux dans notre société, pour une mère, c’est la subversion absolue. Le jour où je refuse d’accompagner père et bébé à un déjeuner dominical pour traîner en pyjama toute la journée, je sens que je tiens quelque chose ». La femme brouillon et moi, on s’est rencontrées comme ça. Un jour où j’avais besoin d’éradiquer la mère parfaite. Et je crois pouvoir dire qu’elle m’y a aidé.

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