Cocottes & Vous

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L’interview maman célèbre de Julia Piaton : une affaire de famille !

Par Géraldine

Cet article est paru dans Cocottes magazine #2 (novembre-décembre 2020)

Mince alors!, Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu, la série Family Business, Le Discours et C’est la vie (sorties les 16 et 23 décembre)…Julia Piaton fait désormais partie des actrices incontournables du paysage cinématographique français. Fille de Charlotte de Turckheim, elle est elle-même maman d’un petit garçon de 3 ans, Abel. C’était un vrai bonheur d’échanger avec elle sur son enfance, son métier et surtout sa maternité.

Êtes-vous la maman que vous pensiez devenir ?

Devenir maman, c’est quelque chose que j’avais vraiment en tête, je savais que dès que je rencontrerai quelqu’un qui a envie de vivre cette aventure, j’aurai un enfant. Mais jamais je n’aurais pensé être une maman aussi anxieuse! Je m’imaginais exactement l’inverse, que ma problématique allait être de m’obliger à plus de sérieux. Et j’ai basculé complètement dans l’autre sens.

Avez-vous le sentiment qu’en devenant mère, vous avez renoncé à d’autres facettes de vous-même ?

En plus d’être beaucoup moins cool et beaucoup trop fatiguée!? Moins insouciante évidemment. Aujourd’hui si je m’assois dans un bus, un avion, un train… et que j’entends un enfant pleurer dans la rame de tête, j’ai envie de me lever pour aller voir la maman! Lui dire «c’est bon, je peux vous donner un coup de main! Allongez-vous je vais vous chercher un café et changer la couche de votre enfant!» Je rigole pas, il y a quelque chose dans mon cerveau qui a muté! C’est l’empathie en fait et je trouve ça super. Je n’avais pas ça avant et je ne comprenais pas: les mamans, les bébés… je trouvais ça mignon mais je ne savais pas du tout ce que ça engageait. Ma plus jeune sœur a eu un enfant, rétrospectivement je m’en veux de ne pas avoir été plus à ses côtés, comme pour certaines de mes amies, mais je ne comprenais tout simplement pas ce qu’elles vivaient. Et on ne peut pas vraiment le saisir tant qu’on ne l’a pas vécu soi-même.

Quelle est la chose que vous faites en tant que maman que vous pensiez ne jamais faire ?

Je suis vraiment passionnée par mon métier de comédienne, j’adore être sur des tournages, rencontrer des gens… ça prend une place énorme! Jamais je n’aurais pensé qu’un jour, je pourrais ne pas avoir envie d’aller travailler pendant des semaines et des semaines, pour rester à la maison avec mon enfant! Avec le sentiment qu’il n’y a que lui qui compte. Tout à coup, il y a quelque chose qui se met tout en haut de la pile et c’est incroyable comme sensation. Je ne pensais pas non plus rencontrer un papa aussi extraordinaire, un mec en or. Je n’imaginais pas pouvoir construire une maternité comme celle-là, aussi moderne dans le bon sens du terme. Mon mec est un papa modèle, vachement présent, on dirait un petit Suédois quoi!

Comment définiriez-vous l’éducation que vous donnez à vos enfants ?

©Victoire le Tarnec

Foutraque! Comme tous les jeunes parents, c’est notre premier, on lui donne tout et surtout beaucoup d’amour mais d’un autre côté… c’est la première fois! Donc je découvre tout avec lui et ça oblige à se réadapter tout le temps.

Y-a-t-il des principes éducatifs hérités de vos parents que vous continuez de perpétuer avec votre enfant ?

J’espère! Je viens d’une famille plutôt nombreuse puisqu’on est 3 sœurs du même papa et de la même maman, et j’ai encore 3 autres frères et sœurs de familles recomposées. Chez moi ça a toujours été «table ouverte», c’est à dire que tout le monde vient avec ses copains, si quelqu’un va pas bien il vient dîner à la maison…on est vraiment une grosse tribu. J’essaie de transmettre ça à mon fils, le fait d’être bien avec un maximum de personnes. L’expression «it takes a village to raise a kid» me parle complètement! Un peu de grand-mère, un peu de tontons, un peu de cousins… je trouve que c’est sécurisant pour un enfant de ne pas avoir comme référence d’amour seulement son papa et sa maman. De savoir qu’il peut être aimé par d’autres membres de la famille, des amis proches…

«it takes a village to raise a kid»

Le fait d’avoir grandi avec une maman célèbre et de l’être vous-même influence t-il votre schéma éducatif ?

Quand j’étais petite je ne me rendais vraiment pas compte de la célébrité de ma mère. Je savais qu’on la regardait dans la rue mais je trouvais ça plutôt positif, dans ma petite tête j’avais l’impression que les gens l’aimaient beaucoup. Et ça a toujours été le cas mais à l’adolescence, ça m’a posé plus de problèmes: c’est une période où tu veux avoir une identité très unique, sans être associée à des choses que tu n’as pas décidées. Et de fait étant «enfant de», tu l’es automatiquement! Du coup je faisais un peu la rebelle, je ne voulais pas être la fille d’une dame connue qui passe à la télé, j’avais l’impression que ça m’enlevait une forme de liberté! Mais pour mon fils qui a 3 ans, j’habite dans le Sud, il est élevé dans un petit village super mignon, il va à l’école du village… franchement ça va! Ma mère a toujours vécu sa notoriété de manière vraiment cool, en nous disant «oui les filles, parfois des gens viennent nous parler dans la rue mais ça fait partie du jeu et c’est super!». Après, il faut savoir mettre des limites et elle l’a toujours bien fait, elle a tenu sa notoriété à une juste distance donc j’espère arriver à faire la même chose.

“Ma mère a toujours tenu sa notoriété à une juste distance et j’espère arriver à faire la même chose”

Y-a-t-il dans votre famille des rituels immanquables ?

Les fêtes sont très ritualisées chez moi. Non pas que je vienne d’une famille si religieuse d’ailleurs, c’est juste qu’on est très soudés et que toutes les occasions sont bonnes pour se retrouver le plus nombreux possible. Sinon, il y a le camping-car aussi! Petite j’en ai fait pas mal avec mes parents. Quand j’ai eu mon fils et ma sœur ses enfants, on a embarqué des potes, ma mère, ma tante pour partir en tribu sur les routes de Normandie. C’était juste le rêve! Comme quoi les trucs qu’on a vécu enfant et qu’on a adoré, on les reproduit systématiquement.

Quel a été ou quel sera selon vous l’âge le plus difficile à gérer ?

En ce moment je trouve ça un peu dur. Les 3 ans c’est vraiment le «non», le petit enfant qui commence à tenir tête, à ne plus vouloir être un bébé. Il veut tout faire tout seul comme un grand mais du coup quand il se sert un peu de lait, c’est la brique entière qui se retrouve sur la table… Donc je suis partagée entre cette envie de le laisser faire les choses, et de passer mon temps à le suivre avec un balai brosse et du bicarbonate! Mais probablement qu’à l’adolescence je rirais de cette phrase en me disant «hahaha, quand je pense que je trouvais que c’était dur à 3 ans!».

Actrice, maman, femme…comment conciliez-vous tous les aspects de votre vie ?

Disons que j’apprends et que je m’adapte! Mon fils grandit, là il est entré à l’école, chaque année une nouvelle logistique se met en place. Par exemple il y a des vacances scolaires tous les mois et demi et les tournages ne sont pas calés comme ça! En fait ce qui est particulier dans la vie d’intermittent, qu’on soit technicien ou acteur, c’est qu’on a des emplois du temps qui sont sans arrêt en train de bouger, avec des horaires improbables. Ce sont des temps courts très intenses, puis des moments où l’on ne travaille plus. Ca m’oblige à être beaucoup plus carrée qu’avant dans mon organisation, pour que mon fils puisse me voir relativement régulièrement, qu’il n’y ait pas trop de périodes d’absence… Ce n’est pas évident d’être mère et d’avoir de l’ambition. Ce n’est pas un gros mot, moi j’ai de l’ambition, aussi parce que ça me rend heureuse de faire ce métier donc je ne veux pas que ça s’arrête. Pour autant ça me pose énormément de questions car il y a des moments où je n’ai aucune envie de partir! Mais c’est, je pense, la problématique de tous les parents: réussir à ne pas tout transformer pour ses enfants et rester en contact avec ce qu’on aime faire!

Ses 5 lieux «coup de coeur»

• Les Carrières de lumières aux Baux-de-Provence, pour faire découvrir la peinture aux enfants de facon ludique et immersive.

• La roulotte du Petit Fousset, itinérante entre Paris et le Sud, qui propose de supers spectacles pour les petits autour de la guitare

• Chez Edu, restaurant tenu par un copain surdoué à Saint-Rémy-de-Provence

• L’Aquarium Tropical du Palais de la Porte Dorée, à Paris. Emerveillement d’enfant garanti!

• La librairie Comme un roman à Paris3, avec des libraires passionnés qui conseillent les enfants comme les grands.

Votre livre de chevet ?

L’arbre-monde, de Richard Powers

Celui que vous lisez à votre fils ?

Les albums Blaise, le poussin masqué de Claude Ponti

Votre série du moment ?

Au nom du père  avec Lars Mikkelsen et Family Business  😉

Le premier dessin animé que vous avez montré à votre enfant ?

Mon voisin Totoro d’Hayao Miyazaki et La petite taupe, un dessin animé tchèque.

Le plat qui vous rappelle le plus votre enfance ?

Un bon poisson pané avec des petits pois, le tout surgelé mais avec une noisette de beurre salé ! C’est ma madeleine de Proust.

Ce que vous aimez cuisiner pour lui ?

Pareil mais pour lui, les petits pois sont frais !

©Victoire le Tarnec
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