Cocottes & vous

Et puis un jour, promis, ils grandissent !

Par @haut_les_nains

Je ne me rappelle plus très bien des semaines qui ont suivi la naissance de mes enfants.

C’est une espèce de flou artistique.

Je me souviens juste des émotions qui m’ont traversée, de plein fouet et toutes en même temps. C’était un mélange de joie et de peur, d’excitation et de doute.

Mais la fatigue qui s’ensuivit, ça, je ne l’ai pas oubliée.

Je me rappelle même mot pour mot la réponse de ma cousine, que j’avais appelée au bout de quelques semaines en lui demandant quand son bébé avait commencé à faire des nuits complètes, histoire d’avoir un espoir, une date à laquelle me raccrocher.

La réponse qu’elle m’avait donnée me semblait tellement loin.

Et encore, ce n’était rien à côté de ce qui m’attendait : mon bébé mettrait le double de temps à faire ses nuits que le sien.

Plus tard, au parc, je regardais les mères qui arrivaient à rester assises avec un mélange d’envie et d’admiration.

« Profite, ça passe tellement vite », me répétait-on en boucle. Pour le sentir passer, ça c’était bon, mais pour ce qui était de profiter, moins.

Et puis, petit à petit, subrepticement, le décor autour de moi s’est mis à évoluer.

Plus de table à langer, de chaise haute, de poussette, de porte-bébé.

Leurs nuits n’ont plus été entrecoupées et leurs petits corps ont été plus lourds à soulever.

Leurs mains ont pris plus de place dans la mienne, puis sont venues de moins en moins s’y loger.

Aujourd’hui, ce n’est pas rare que je sois la première levée de la maisonnée.

Au parc de jeux ou à la plage, je peux ouvrir un livre, et même finir un chapitre.

Mes enfants se nourrissent seuls, se douchent seuls, s’habillent seuls.

Bien sûr, il reste encore pas mal de points pour lesquels ils sont dépendants de leur mère.

Mais alors que j’en ai longtemps douté, je peux à mon tour témoigner.

Un jour, c’est vrai, ils grandissent.

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