Mode

Enceinte ? Voici tout ce qu’il y a à savoir sur les vêtements de grossesse !

Par Géraldine

©Jolibump

Cet article est paru dans Cocottes Magazine #3 (janvier/février 2021).

Neuf mois: une éternité pour certaines, un éclair pour d’autres, un désert vestimentaire pour à peu près toutes. La grossesse a beau être la période la plus tumultueuse que le corps d’une femme aura à expérimenter dans sa vie, elle reste un territoire quasi inexploré sur la planète mode. En 2020, au menu de la maternité, le choix se limiterait entre les griffes à l’esthétique fifille trop sucrée et la fast-fashion au goût amer. Difficile à avaler.

Par Léocadie Castelmaure

Problèmes de fertilité

Absent des ouvrages sur l’histoire de la mode, inexistant chez nos grand-mères, le vêtement de grossesse n’a jamais été un sujet. Enceinte, le plus souvent, c’est le système D comme plan A. Si bien qu’une poignée de marques monopolisent le marché avec leur style pas toujours au goût de toutes. Du côté de l’industrie, le vêtement de maternité est reconnu unanimement comme un «produit difficile». Sidonie Dumoulin, co-fondatrice de la marque De mois en moi lancée en 2010, décrypte : «c’est un segment très précis, sur lequel on ne peut pas créer de fidélisation. Si vous ne séduisez pas une femme enceinte à deux mois, c’est trop tard. A 4 mois et demi, elle s’est déjà fournie auprès de ses amies.»

À cause de son usage restreint dans le temps, il est forcément perçu comme trop onéreux. D’autre part, le besoin morphologique ne suffirait pas à susciter l’intérêt de toutes les futures mamans, d’abord concentrées sur l’arrivée du bébé et les achats qui en découlent. Résultat, c’est chez les enseignes à bas coût que l’on vient chercher son vestiaire éphémère. Éloise Moigno, du label éco-responsable Slow We Are en témoigne : en 3 ans, elle a vu naître et s’éteindre un certain nombre de marques engagées sur la grossesse, et regrette aujourd’hui de n’en compter aucune sur sa plateforme.

Pleine de ressources

Les enseignes les plus tendances chez les femmes susceptibles d’être enceintes ont trouvé une solution. Emoi Emoi distribuait des marques de grossesse, pourtant, dix ans après son lancement, elle a cessé cette activité. «C’était un crève-cœur d’arrêter, mais on n’avait plus le choix, les prix de gros de nos créateurs étaient trop élevés.» nous relate Adèle, cofondatrice. Un mal pour un bien : «Nous avons lancé notre marque pour toute la famille et nos clientes nous ont soutenues». Chez Sézane, on a également vu émerger une proposition de pièces non pas réservées à la grossesse, mais recommandées pour celle-ci, baptisée 9 mois pour la vie. Morgane Sézalory nous explique : «on a été inspirées par les futures mamans de notre équipe, qui ont continué à porter nos collections. Elles étaient très contentes de ne pas avoir à acheter des vêtements pour femmes enceintes !» Les clientes, elles, sont ravies. Alors, obsolète le prêt-à-porter maternité ?

©Jolibump
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Pas tout à fait. Durant ses propres grossesses, Marie Boyer-Aubert, créatrice de la marque Joli Bump, a fait face à une prise de poids importante et n’a donc pas fait partie de «ces chanceuses qui ont pu se passer de vêtements adaptés». Elle milite depuis pour le droit au confort. Sidonie Dumoulin (De mois en moi), ajoute, elle, l’importance de se sentir mise en valeur, belle et désirable pendant sa grossesse. Et de conclure avec bon sens : «C’est un état évolutif, on ne peut pas prendre un vêtement statique et le mettre sur un corps changeant.»

Dernière génération

Coup de théâtre en septembre 2020, l’équipementier Nike lance pour la première fois une ligne de sport adaptée au baby bump, pour accompagner les femmes enceintes dans leur désir d’exercice. Sans précédent, cette sortie traduit un regard nouveau sur la maternité. Podcasts et réseaux sociaux ont permis aux langues de se délier autour des secrets trop bien gardés de la grossesse. Et au bien-être de la future maman de gagner en importance. «Le corps change, ce n’est pas toujours facile à vivre, et en plus, on est obligées d’être mal habillées dans des vêtements qui grattent et qu’on n’achèterait jamais d’ordinaire» plaisante Marie Boyer-Aubert de Joli Bump, créée en 2016.

©Nike
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Le respect du corps de la femme, mais aussi de ses valeurs, oriente naturellement ces nouveaux acteurs vers l’éco-responsabilité. Comment cette prise de conscience a-t-elle échappé au domaine du vêtement de maternité ? Trop peu nombreuses, les études sur l’impact des produits chimiques de nos habits sur la peau (favorisant maladies cutanées et cancers) tardent à faire réagir. Heureusement, dans le sillage de De mois en moi, à l’image de Joli Bump, Mamalicious, Madeleine et Marie, une nouvelle génération de marques concilie allure, confort et éthique. Puissent-elles permettre aux femmes de donner la vie dans un corps sain et un vestiaire qui joue en leur faveur.

Location saisonnière

Alternative durable à une problématique éphémère: louer ses vêtements de grossesse. Avec pressing écolo et assurance anti-dégât en prime, esprit et dressing légers garantis!

Mon lou et moi

Sur cette plateforme, le vêtement de maternité, c’est au forfait. Pendant 3 ou 6 mois, louez jusqu’à 20 pièces et renouvelez ainsi votre vestiaire tous les mois. Puisqu’il évolue tout aussi vite, petit «lou» a également sa formule.

À partir de 15€ par vêtement pour un forfait 6 mois ‘‘Maman’’.

Taylor Box

Une maternité stylée en toute liberté, c’est la promesse de Taylor Box et de son vaste catalogue de vêtements à garder aussi longtemps que vous le souhaitez. Pièces de grossesse, accessoires et habits de bébé sont mis à votre disposition sans engagement.

À partir de 59€/mois pour 4 vêtements et 2 accessoires.

Les Cachotières

Emprunter au lieu d’acheter, mais aussi rentabiliser ses pièces délaissées en les mettant à la disposition des autres, voilà l’alternative circulaire de ce service de location entre particuliers qui propose également un rayon dédié à la grossesse.

À partir de 35€ (env.) par pièce pour 4 jours.

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